N°7 : Le 19 juin 1987
Muriel avance d'un pas frêle mais certain vers Patrick. Elle est sponsorisée par Freedent, manucure et pédicure impeccables, vêtue d'une robe à volants, blanche comme la neige. Les yeux de Patrick amoureux voient en elle une mannequin en robe de mariée.Deux petits elfes tiennent la traine : Benjamin et Lou, sur leur 31 également.
Brigitte-la-cousine peste et tente en vain de pousser le chapeau de Tata Suzanne pour pouvoir elle aussi profiter du spectacle. Son geste malhabile sera interrompu par un brouhaha provenant de l'orgue. Mémé qui pique a ses lunettes qui sont tombées durant ses mouvements empreints de fougue et d'amour pour ces prières, elle ne peut plus déchiffrer les partitions. Elle improvise donc. Elle improvise donc mal se permettent de penser les invités.
Lou se serait bien bouché les oreilles si elle n'avait pas eu un bouquet entre ses petites mains. Sourires complices avec son frère échangés, la princesse ne saisit pas l'importance de l'événement. Outre le fait que mémé qui pique se ridiculise lamentablement, ses parents sont en train de renforcer cette petite famille.
Le moment d'échanger les alliances est arrivé. Patrick est une nouvelle fois saisi de ses tics nerveux qui le rendent si touchant auprès de Muriel : sa lèvre supérieure tire vers le haut comme si un fil tombant du ciel la faisait bouger. Muriel semble sereine mais son angoisse est tapie à l'intérieur, elle avance sa main vers celle de son époux et se fait passer la bague au doigt en moins de temps qu'il ne lui en a fallu pour tomber amoureuse de lui.
Benjamin saute de sa chaise en criant « vive les mariéééééééés », Lou applaudit après avoir jeté le bouquet de fleurs en arrière. Bouquet qui atterrit directement sur la tête de Brigitte-la-cousine, décidemment elle n'aura rien vu de la cérémonie. Que va-t-elle bien pouvoir raconter à ses camarades curieuses lors des parties de cartes du lendemain ?
La discussion tournera probablement autour de mémé qui pique... postée à la sortie de l'Eglise, elle n'est pas là pour féliciter les mariés mais plutôt pour assurer sa plaidoirie : « non mais c'est une honte ! » crie-t-elle « le curé a modifié l'ordre des chansons sans me prévenir. On a voulu saboter mon travail ». Il est évident que si elle a un surnom si affectueux, ce n'est pas uniquement pour sa barbe de 333 jours mais également pour ses petites piques lancées innocemment.
La photo du mariage est prise dans un cadre idyllique ; le soleil est radieux, les oiseaux chantent et Lou également. Papi Pipas a révisé son nouveau sourire - celui avec le dentier - devant le miroir à plusieurs reprises, il est fin prêt à capter toute la lumière du flash.
La collègue Martine s'illustrera à son tour durant son discours en tant que témoin et amie de Muriel. Les larmes ont coulé, bienheureuse Muriel qui avait prévu un mascara résistant !
Benjamin et Lou dansèrent sur la piste, Muriel les regardait, fière, il était loin le temps où Benjamin, penaud lui racontait pourquoi il s'était fait pipi dessus à l'école. La grande taille et la force de son frère ainé faisaient voler et tournoyer la petit Lou qui riait et laissait entrevoir toutes ses quenottes. C'est donc ça le bonheur.
Une fois que Tata Suzanne eut couché les enfants, la fête put continuer jusqu'à l'aube. Les mariés eurent tout juste le temps de récupérer leurs affaires et embrasser leurs enfants afin d'arriver à temps à l'aéroport qui était la première étape de leur lune de miel : un voyage de 10 jours aux Baléares.
Que vivaaaaaa España ! Et vive également les mariages d'amour, sans autre intérêt que celui de continuer à être heureux, ensemble et sans artifice. Et bien entendus vive les mariés !
Point de riz jeté mais beaucoup de rires semés.
Par Emma, Lundi 4 Fevrier 2008 à 00:08 GMT+2 dans Lou et la vie (article, RSS)








