de-vous-a-moi

N°3 : 2 Novembre 1984

"- Et comment se porte la princesse ?.
- Bien, très bien même, elle pleure un peu la nuit mais ça va.
- Je parlais de vous, mais peut être aurais-je du dire "la reine" ?"

En ce bel après midi, Muriel repensait à ce pédiatre charmeur, à la manière inégalée qu'il avait de complimenter... de faire rougir. Son regard sur la poitrine de Muriel, embellie par le lait maternel.
Elle savait que c'était mal de se réjouir de cela mais durant ce RDV, elle s'était vraiment sentie femme, désirée et non "femme-qui-vient-d'accoucher-et-qui-garde-un-petit-bedon".

Un ballon atterrit sur la tête de Muriel, ce qui l'arracha de ses pensées. elle était dans les bois avec Patrick et les enfants. Lou dormait. Les garçons jouaient au foot, avec plus ou moins de délicatesse et de réussite. Muriel aimait s'interroger sur le futur sentimental de ses enfants, les joies et les peines de cœur qu'ils viendraient confier à leur maman. "Maman ! Papa me montre les animaux visibles !". Patrick intervient : "nuisibles !".

Muriel sourit, elle aimait également quand PAtrick s'entêtait à transmettre à Benjamin des choses qu'un enfant de 2 ans et 1/2 ne peut pas retenir, ni même comprendre ? Muriel avait voulu amener un gâteau qu'elle avait préparé. Etant donné l'état de carbonisation avancé, elle trouva plus simple et plus sain de tendre le bras pour prendre des pommes et un paquet de biscuits.
Benjamin se vantait toujours que "son papa était le plus fort" mais "que le manger de maman n'était pas bon..." Désillusion.

La douce voix de Michel Berger berça leur retour en voiture à Sansoucy. Le reste de l'après midi fut consacré à de belles prises de vue. Patrick avait confortablement placé Benjamin dans le fauteuil et lui avait ensuite placé Lou dans les bras.
Les photos s'enchainèrent : Benjamin qui embrasse Lou, qui la caresse, Lou qui se réveille, Lou qui partage son lait avec son frère... un renvoi imprévu qui mit fin à la séance.

Patrick et Benjamin se mirent ensuite à la lecture. Patrick prenait différentes voix, différentes postures, selon s'il interprétait un nain ou un flamant rose. Surement son inconscient qui le poussait à faire ce qu'il avait toujours voulu mais qu'il n'avait pas vu : comédien. A défaut, il se produisait devant un public restreint mais pas des moindres : son fils.

Muriel arriva dans la chambre alors que Patrick se prenait pour une mouche, ce qui leur valut un beau fou rire. Ce soir là, Patrick et Muriel prirent du plaisir. Un plaisir corporel mais également "spirituel". 3 mois qu'ils s'étaient abstenus. En une soirée, un instant magique, ils retrouvèrent cette complicité et ce désir enfouis. Il suffisait de les faire ressurgir... rugir; pour redonner à ce couple foi en leur duo. Ils avaient construit une belle famille, ils se devaient d'entretenir la moindre parcelle de leur histoire.

Vos commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Cet article ne peut faire référence à d'autres publications.

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 4 + 5 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens